L’arrêt fantastique de Lloris qui rappelle le sauvetage mythique de Banks face à Pelé

© Panoramic

«Aujourd'hui j'ai marqué un but, mais Banks l'a arrêté». Cette célèbre phrase prononcée par le Roi Pelé le 7 juin 1970, Dennis Hadzikadunic aurait pu la souffler, mercredi soir, en remplaçant le nom de l’ancien gardien de l’Angleterre par celui de Hugo Lloris. Sur la pelouse du Stadion Grbavica de Sarajevo, le capitaine de l’équipe de France a en effet sorti un arrêt de très grande classe face à la Bosnie et son défenseur en éliminatoires de la Coupe du monde 2022(à voir ici sur M6).

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A la retombée d’un corner tiré par Miralem Pjanic à la 26eminute, Hadzikadunic a placé une belle tête piquée dans les six mètres qui prenait la direction des filets. En alerte sur sa ligne de but, Lloris a alors bondi à l’horizontale en une fraction de seconde, le bras gauche déployé pour repousser le ballon dans les airs. Par sa vitesse d’exécution et la trajectoire de la balle après la parade, cet arrêt rappelle bien celui de Gordon Banks devant Pelé lors de la Coupe du monde 1970 (victoire 1-0 du Brésil en phase de groupes).

Au stade Jalisco de Guadalajara, le gardien de Stoke City avait, au prix d’un bond fantastique, détourné en corner une tête smashée de la légende brésilienne placée au ras du poteau, pour ce qui deviendra «l'arrêt du siècle». «J’ai entendu Pelé crier ‘But’ après sa tête», racontera plus tard l’ancien gardien de l’Angleterre, décédé en 2019. Au moment de sa disparition, Pelé était revenu sur cette action entrée dans l'histoire : «C’était la tête que je voulais faire. Parfaitement là où je voulais la mettre. Et j’étais prêt à célébrer mon but. Mais cet homme, Banks, est apparu comme une sorte de spectre en bleu. Il est venu de nulle part et a réalisé quelque chose que je pensais impossible. Il a arrêté ma tête».

A le voir se tenir le crâne entre les mains sitôt le ballon repoussé par Lloris, Dennis Hadzikadunic avait sans doute le même sentiment que le Roi Pelé 51 ans plus tôt. En bon capitaine, Hugo Lloris, qui fêtait mercredi sa 123esélection en bleu pour devenir, à égalité avec Thierry Henry, le 2ejoueur le plus capé de l’histoire derrière Lilian Thuram (142), n’a pas voulu tirer la couverture à lui bien qu’il ait tiré les champions du monde d’un mauvais pas (victoire 1-0). «On a mal joué mais on a gagné avec l’état d’esprit», s’est contenté de souffler le gardien de Tottenhamqui a, tout au long de son immense carrière internationale, gratifié les supporters de parades aussi spectaculaires que décisives. Contre l’Allemagne en demi-finales de l’Euro 2016 ou face à l’Uruguay puis la Belgique en quarts et demies du Mondial 2018. Entre autres.

L’arrêt fantastique de Lloris qui rappelle le sauvetage mythique de Banks face à Pelé