L'ONU s'inquiète d'un risque de résurgence du conflit au Soudan du Sud

Bâtiment du siège de l'ONU à New York © AFP Bâtiment du siège de l'ONU à New York

L’ONU inquiète pour la stabilité de la paix au Soudan du Sud. Dans un rapport qui vient d’être remis au Conseil de Sécurité, des experts des Nations unies dénoncent la lenteur de l’application de l’accord de paix revitalisé signé en 2018, après six ans de guerre civile. Depuis, un gouvernement d’union national a bien été mis en place en février 2020, mais il n’est pas parvenu à améliorer la protection des populations civiles souligne le rapport.

Avec notre correspondante régionale, Albane Thirouard

C’est un constat accablant pour le Soudan du Sud que dressent les experts de l’ONU. La lenteur des réformes gouvernementales entrave selon eux « toute perspective de paix à long terme ». Les désaccords entre les deux principaux signataires auraient accentué les divisions politiques, militaires et ethniques à travers le pays. Le document rapporte plusieurs appels à la démission émis à l’égard des dirigeants, perçus comme freinant le processus de paix. 

Crise humanitaire et alimentaire

Les experts onusiens s’inquiètent alors « d’un retour à un conflit de vaste ampleur ». Car, l’insécurité à travers le pays est grandissante. À l’échelle locale, les violences intercommunautaires continuent, touchant les populations civiles. Conséquence, le pays fait aujourd’hui face à une forte crise humanitaire et alimentaire. Quelque 8,5 millions de Sud-Soudanais auraient besoin d’une assistance. Pourtant, aussi bien le gouvernement que les conflits freinent l’acheminement de l’aide, dénonce le document. 

Pour faire face à cette situation, le rapport de l’ONU dresse plusieurs recommandations. Entre autres, le maintien de l’embargo sur les armes qui expire le 31 mai 2021. La conduite d’une évaluation indépendante de la façon dont le gouvernement gère ses stocks d’armes. Et enfin, la mise en place de nouvelles sanctions contre ceux qui entravent l’application de l’accord de paix ou bloquent l’acheminement de l’aide humanitaire.

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