Centrafrique: le conflit déclenché en décembre affecte le secteur agricole

Distribution de denrées alimentaires par le PAM à Kaga-Bandoro, le 13 janvier 2017. © Edouard DROPSY / RFI Distribution de denrées alimentaires par le PAM à Kaga-Bandoro, le 13 janvier 2017.

La population centrafricaine dépend à 75 % du secteur agricole pour vivre. Parmi les conséquences : la disponibilité menacée des semences. La saison des plantations approche à grand pas, mais les stocks de semences disponibles ont chuté drastiquement comparé à l’an passé. Le Programme alimentaire mondial redoute une « catastrophe » à l'heure des prochaines récoltes, dans un pays déjà en forte insécurité alimentaire.

Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

Lorsqu’éclate les premiers affrontements en décembre, c’est la pleine saison du traitement des récoltes, cruciale pour la production des semences. Mais à cause du conflit, certains agriculteurs perdent l’accès à leurs champs et d’autres au contraire s’y réfugient. Conséquence : une baisse importante des stocks de semences disponibles dans le pays.

« Les paysans qui se sont réfugiés dans les champs ont certainement consommé une bonne partie de leur production, y compris cette partie qui devait être considérée comme des semences pour la prochaine année. Donc il y a un grand besoin qui se fera sentir », explique Etienne Ngounio, chargé de programme à la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Maigre récolte à l'automne

Un chiffre illustre l’ampleur du problème, sur les 3 000 tonnes de semences qu’achètent en moyenne chaque année les organisations qui viennent en aide aux agriculteurs les plus vulnérables, un tiers seulement sont disponibles cette année dans le pays. Cela laisse présager une maigre récolte à l’automne prochain.

Une situation qui inquiète Aline Rumonge, directrice du Programme alimentaire mondial pour la Centrafrique alors que les violences ont déjà aggravé la malnutrition : « Cela va se traduire par une catastrophe alimentaire. Parce que, même les ménages qui avaient gardé un peu de stock, maintenant, ils ont épuisé leur stock et commencent à vendre leurs biens pour pouvoir survivre, le bétail, les chèvres, le petit matériel qu’ils avaient. »

Depuis décembre, le nombre de Centrafricains en insécurité alimentaire est déjà passé de 1,9 million à 2,3 millions de personnes.

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