MotoGP: pourquoi Valentino Rossi court toujours

Le pilote italien de l'écurie Monster Energy Yamaha, Valentino Rossi, fait une pause lors du 3e jour des essais libres du Grand Prix d'Europe de MotoGP, le 7 novembre 2020 sur le circuit Ricardo Tormo à Valence © JOSE JORDAN © 2019 AFP Le pilote italien de l'écurie Monster Energy Yamaha, Valentino Rossi, fait une pause lors du 3e jour des essais libres du Grand Prix d'Europe de MotoGP, le 7 novembre 2020 sur le circuit Ricardo Tormo à Valence

Pour la première fois depuis une éternité, il n'est plus pilote d'usine: transféré pendant l'hiver de l'équipe officielle Yamaha à son satellite SRT, Valentino Rossi fait son baroud d'honneur en MotoGP... et s'y assure un avenir après la retraite.

On a pensé un temps que le "Docteur" raccrocherait après 2020 mais un championnat raccourci par le Covid-19 et des résultats décevants en ont décidé autrement. Les rois n'abdiquent pas ainsi.

Rossi a accepté d'échanger sa monture avec Fabio Quartararo. A l'espoir français de 20 ans la Yamaha officielle, au vétéran de 42 ans la place dans l'écurie bis aux moyens réduits, mais avec la même moto que les pilotes d'usine.

"Je ne cours pas juste pour passer le temps", clamait l'Italien lors d'une visioconférence de presse début mars. "C'est une saison très importante pour moi car je sors de deux années en dessous de mes espérances, particulièrement concernant les résultats."

"Je veux essayer d'être compétitif et plus fort que ces deux dernières saisons, de me battre pour les podiums et pour gagner des courses", disait celui dont le dernier succès remonte à 2017 et qui n'a signé que trois podiums en 2019 et 2020.

"Très, très fier" de la VR46 Academy

S'il est "compétitif" pendant la première partie de saison, qui débute dimanche au Qatar, Rossi devrait décider pendant la trêve estivale de continuer un ou deux ans. Sinon, il s'arrêtera en fin d'année.

Quoi qu'il en soit, son héritage en Grands Prix est assuré - au-delà de son statut de légende vivante avec ses neuf titres de champion du monde (dont sept dans la catégorie reine) et sa cohorte de fans - grâce à la "VR46 Academy", structure d'entraînement et d'accompagnement de pilotes qu'il a créée pour relancer la filière italienne.

"Je suis très, très fier car j'ai vu que 'l'équipe' italienne (en MotoGP cette année, ndlr) était constituée de cinq ou six pilotes (sept en fait, ndlr) et que quatre, moi inclus, sont issus de l'académie", confiait-il à l'AFP, dans un grand sourire, pendant les essais hivernaux au Qatar début mars.

"Pour nous, c'est génial. Nous sommes très, très fiers de notre travail, moi et le staff de l'académie, parce qu'avoir Franco (Morbidelli), Pecco (Bagnaia) et Luca (Marini, son demi-frère, ndlr) en MotoGP est fantastique. On dirait qu'on travaille bien et que nos pilotes sont très rapides. Je pense qu'ils peuvent être compétitifs."

C'est certainement le cas de Morbidelli, vice-champion du monde 2020 après une fin de saison canon. Maintenant équipier de Rossi chez Yamaha-SRT, il est unanimement cité parmi les favoris en 2021.

Les deux hommes sont amis et intégrer cette nouvelle dimension dans leurs rapports ne sera pas aisé, reconnaissent-ils, tout en s'affichant convaincus de parvenir à séparer concurrence sportive et vie privée.

"Se battre en piste et continuer d'être amis"

"Je suis très heureux d'être son équipier car c'est une situation intéressante et inattendue, assure le nonuple champion du monde. Ce ne sera pas facile à gérer car ton équipier est aussi ton premier rival. Pour se battre en piste et continuer d'être amis, il faut avoir une vraie amitié. Ce ne sera pas simple mais je pense qu'on peut le faire."

Bagnaia, promu au guidon d'une Ducati officielle, a aussi un coup à jouer, quand il s'agit pour Marini, vice-champion en Moto2 l'an dernier, de prendre ses marques parmi l'élite sur une modeste Ducati-Avintia.

Le même Marini porte d'ailleurs les couleurs de la "SKY Racing Team VR46", l'équipe fondée par Rossi qui engage des pilotes en Moto2. Un premier pas vers une entrée de l'écurie dans la catégorie reine en satellite de Ducati ?

Sachant les liens de Yamaha avec le "Docteur" (il a piloté pour la firme japonaise en 2004-2010 et depuis 2013, sa marque commercialise cette année les vêtements de l'équipe officielle) et le fait que le contrat avec SRT s'arrête fin 2021, cette alliance est aussi une possibilité.

La marque aux diapasons va discuter de ses options et se tournera "sûrement" vers SRT ou VR46 pour commencer les négociations "en avril ou en mai", a indiqué le responsable de Yamaha en MotoGP, Lin Jarvis, mi-février.

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